La Situation économique générale de l’Egypte

L’Egypte se caractérise par sa démographie, 100 M d’habitants en 2020, ainsi que par sa position géographique stratégique, au carrefour de trois continents et de deux mers reliées par le canal de Suez. Elle jouit de son rayonnement culturel dans le monde arabe ainsi que d’un patrimoine historique exceptionnel.

L’Egypte se caractérise par sa démographie, 100 M d’habitants en 2020, ainsi que par sa position géographique stratégique, au carrefour de trois continents et de deux mers reliées par le canal de Suez. Elle jouit de son rayonnement culturel dans le monde arabe ainsi que d’un patrimoine historique exceptionnel.

La superficie de son territoire est de 1 M km² découpés administrativement en 27 gouvernorats, dont Le Caire, Giza et Alexandrie qui regroupent près du quart de la population et concentrent la majeure partie de l’activité économique. Plus de 95% de la population est concentrée sur 7% du territoire. Le Caire, la capitale, compte près de 23 M d’habitants.

Le PIB de l’Egypte, le deuxième d’Afrique, était de 256 Mds $ en 2016/17. Il résulte d’une économie diversifiée, structurée autour des secteurs manufacturier (16%), immobilier et construction (15%), commerce de gros et de détail (13%), extractif (12%), et agricole, forestier & pêche (11%). Le secteur public occupe une place prépondérante dans l’économie, représentant 10% de l’activité et 34% des investissements (hors entreprises publiques). L’Armée est également un acteur économique important, y compris dans le domaine civil. Par ailleurs, l’inclusion du secteur informel, qui représenterait 50% de l’emploi total, augmenterait le PIB d’au moins 40%.

L’Egypte bénéficie traditionnellement des revenus de quatre rentes : les transferts de la diaspora (18 Mds$ / an en moyenne depuis 2011/12), le tourisme (jusqu’à 12 Mds$ par an avant la révolution de 2011, les revenus sont tombés à 4,4 Mds$ en 2016/17), les redevances d’utilisation du Canal de Suez (5 Mds$) et les ventes d’hydrocarbures (6,5 Mds $), qui représentent 37% des exportations.

A la suite de la modernisation de son économie au milieu des années 2000, l’Egypte a connu des taux de croissance record (7% entre 2005 et 2008). Toutefois, la crise financière de 2008 et l’instabilité politique depuis la chute du Président Moubarak en 2011 ont durablement affaibli l’économie.

L’élection à la présidence de la République d’Abdel-Fatah Al-Sissi en juin 2014 a marqué le retour de la stabilité politique alors que le processus de transition s’est achevé par l’élection du Parlement en janvier 2016.

La situation économique se caractérise par un poids important des déficits et de l’endettement publics. Le déficit public s’établit à une moyenne de 12% depuis 2012/13. La dette publique, détenue en majorité par les banques domestiques, est en hausse constante depuis 2008 (67% du PIB) et représente 103,3% du PIB en 2016/17.

La croissance économique, bien que résiliente (4,2% en 2016/17), est insuffisante pour compenser le poids des dépenses publiques qui se sont multipliées par 2,2 en 5 ans. Celles-ci se décomposent principalement en remboursement des intérêts de la dette (30% du total), en salaires et traitements des fonctionnaires (23%), et en dépenses sociales (22% du total. En 2016/17, seul 11% du budget a été consacré aux dépenses d’investissement.

La situation extérieure de l’Egypte est également dégradée. Le commerce extérieur affiche un déficit structurel qui reflète une balance des hydrocarbures devenue déficitaire et la dépendance de l’Egypte aux imports de biens intermédiaires et de produits de consommation. Celui-ci n’est plus équilibré ni par le produit des rentes traditionnelles, qui diminuent (transferts des migrants, tourisme) ou plafonnent (canal de Suez), ni par le montant des investissements étrangers, directs ou de portefeuille.

Pour corriger ces déséquilibres, le gouvernement a engagé un programme de réformes soutenu par le FMI (prêt de 12 Mds $ sur la période 2016-18) qui vise à atteindre en 2018/19 une croissance de 5,5%, un déficit budgétaire de 4,7% de PIB, un déficit de la balance courante de 3% de PIB et un endettement de 85,8% de PIB.

Dans ce cadre, l’Egypte a procédé en novembre 2016 à la libéralisation totale du régime de change de la livre égyptienne, assortie d’une dévaluation importante qui a permis de résoudre le problème de disponibilité en devises du secteur bancaire. Les autorités ont également adopté des mesures de consolidation budgétaire comme la loi sur la réforme du service public, la mise en place de la TVA et le démantèlement progressif des subventions énergétiques (hausse des prix de l’électricité et des carburants). Enfin, le gouvernement souhaite encourager la croissance, la diversification économique, les exportations et les investissements notamment via des mesures d’amélioration de l’environnement légal des affaires (loi sur les investissements, loi sur les licences industrielles, EURL).

En matière énergétique, l’Egypte est devenue importatrice nette d’hydrocarbures en 2012. Le pays devrait toutefois redevenir autosuffisant d’ici le second semestre 2018 avec l’entrée en activité du champ gazier Zohr. Pour faire face à la croissance de la consommation électrique, l’Egypte a lancé un programme de construction de nouvelles centrales électriques visant à installer 54 GW d’ici à 2022, dont 4,3 GW de sources renouvelables.

Sur le plan des infrastructures, le gouvernement a lancé une série de méga projets dont les plus emblématiques sont le doublement du canal de Suez, le développement de la région économique attenante et la construction d’une nouvelle capitale administrative.

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Dernière modification : 08/07/2018

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