Lettre économique d’Egypte : n°88 - septembre 2018

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L’éditorial de Jérôme Baconin, conseiller économique de l’ambassade de France en Égypte :

Chers amis lecteurs,

Cette reprise après l’été est agitée. L’Égypte est manifestement testée par les marchés dans un contexte de crise des émergents dont on a vu cet été qu’elle s’était étendue de l’Argentine à la Turquie, l’Afrique du sud et le Nigéria. Tous se demandent qui sera le prochain ? Les spéculations parmi les experts vont bon train sur l’Égypte : en fera-t-elle partie ou sera-t-elle épargnée ? Plusieurs signaux ont été donnés récemment par les marchés avec l’annulation successive par le ministère des finances de quatre adjudications de T Bonds et T Bills, à chaque fois en raison de yelds trop élevés, en hausse sensible par rapports aux dernières adjudications de
référence. Si le marché a ainsi testé l’Égypte, le ministre des finances lui a clairement répondu : l’Égypte n’est pas aux abois, et peut se permettre de refuser des taux qu’elle juge trop élevés. Manière aussi de rassurer les marchés, le ministre des finances a annoncé l’adoption prochaine d’une stratégie de réduction de la dette, avec un objectif de la réduire à 70% du PIB d’ici 4 ans. Le Vice-ministre des finances, Ahmed Kouchouk, a pu déclarer récemment, en substance, que l’Égypte était protégée de cette crise grâce aux réformes qu’elle a menées ces deux dernières années. De fait, le programme FMI en cours apporte une protection certaine à l’Égypte, qui a ainsi pu corriger certaines de ses fragilités. Fort de cette confiance restaurée, le ministre des finances Mohamed Maait a annoncé que l’Égypte comptait, comme en 2017 et 2018, revenir sur les marchés financiers internationaux, évoquant une possible émission de 5 milliards de dollars, visant prioritairement les marchés asiatiques.

Dans ce numéro de notre Lettre Économique, vous trouverez un point sur les échanges commerciaux franco-égyptiens au premier semestre 2018 : est-ce l’effet prix résultant de la forte dépréciation de la livre égyptienne qui pénalise nos produits et favorise la compétitivité des produits égyptiens, mais de fait on assiste par rapport à la période correspondante de l’année dernière non seulement à un tassement général de nos échanges, mais à une baisse sensible de nos exportations, tandis que les importations s’affichent en croissance. Résultat, si nous restons excédentaires, cet excédent se réduit de moitié sur ce premier semestre.

Nous poursuivons ce mois-ci notre exploration du secteur de l’électricité entamée le mois précédent. Après nous être intéressés en août aux acteurs du secteur et aux grandes données chiffrées du secteur, ce mois-ci nous nous intéressons à la production et la distribution avec un large focus sur le développement du renouvelable.

Enfin, la visite du Président Sissi en Chine, la cinquième dans ce pays depuis son arrivée au pouvoir, marque un net renforcement des liens économiques entre les deux pays, avec des avancées dans de nombreux secteurs, où la Chine n’hésite pas à mobiliser ses capacités de financement pour s’imposer. Si la Chine renforce sa présence dans ce pays clé de la Nouvelle route de la soie, l’Égypte parait de plus en plus disposée à y répondre favorablement.

Je vous souhaite une très bonne lecture de ce numéro.

Jérôme Baconin
Chef du Service Économique

Télécharger le n°88 (septembre 2018) de la Lettre économique d’Égypte :

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Dernière modification : 01/10/2018

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