De Raqqa à Manbij : une géographie de l’État islamique

Matthieu Cimino, chercheur à l’université d’Oxford, et Myriam Ababsa, géographe et chercheure associée à l’Ifpo, sont les invités de la prochaine conférence Midan Mounira.

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Matthieu Cimino, chercheur à l’université d’Oxford et enseignant en histoire à l’IEP de Paris, et Myriam Ababsa, géographe et chercheuse associée à l’IFPO, proposent une intervention conjointe sur l’État islamique par une approche géographique.

Matthieu Cimino : « Non à la Nation, oui à l’Islam » : comment l’État islamique se représente-t-il le monde ?

Depuis l’avènement de l’État islamique (Daech), peu de travaux ont cherché à questionner l’idéologie territoriale et les représentations spatiales qui sous-tendent l’imaginaire politique du mouvement salafi-djihadiste. Pourtant, parmi les vecteurs de mobilisation du groupe, la question des frontières coloniales (Sykes-Picot, 1916) et, plus largement celles de l’Islam politique, semblent jouer un rôle fondamental. Ainsi, comment l’EI se représente-t-il le monde qui l’entoure ? Que signifie pour lui les notions d’espace, de territoire et de frontière(s) ? Pour répondre à ces questions, cette communication proposera une brève histoire de la cartographie en Islam, puis analysera un corpus d’ouvrages scolaires de géographie distribués et enseignés par Daesh dans la province de Manbij, entre 2014 et 2016.

Myriam Ababsa : « Raqqa, capitale de la révolution puis de l’État islamique : les frontières contestées d’une ville métahistorique ».

Raqqa occupe une place unique dans l’histoire de la Syrie, celle d’avoir été à plus d’une reprise une capitale de royaume. Cela s’explique par sa situation exceptionnelle au carrefour des routes vers l’Europe et la péninsule arabique, mais aussi par l’importance de ses vestiges archéologiques et religieux, et de sa place dans la littérature arabe classique. Cinquième ville de Syrie, centre administratif du Projet de l’Euphrate dans les années 1960, Raqqa s’est progressivement appauvrie. Négligée par le régime, elle se proclame capitale de la révolution en mars 2013. Mais dès, l’automne 2013, Raqqa tombe aux mains de l’État islamique. L’exposé présentera les raisons géopolitiques et symboliques qui confèrent à la ville un caractère métahistorique.

Accès libre et gratuit dans la limite des places disponibles.
Intervention en français, traduite simultanément en arabe.

Dernière modification : 10/10/2017

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